15 février 2010

Quand les discriminations deviennent d’état…


Il y a des moments où l’on peut se poser des questions sur la volonté de nos gouvernants et des représentants des pouvoirs publics de faire respecter l’esprit des lois et de se donner les moyens de faire bouger notre société en fonction des valeurs qui sont celles de la République…

Deux exemples en date et qui concernent des tentatives de lutte contre l’homophobie.

Tout d’abord, le film « le baiser de la lune ». Petit court métrage dont le but est de permettre à des jeunes enfants de parler des couples de même sexe. Le but, comme je l’ai entendu ici ou là, n’est pas de parler de sexualité mais tout simplement de respect, comme l’on évoque déjà le respect entre les origines, entre les hommes et les femmes, entre les enfants en situation de handicap et les autres… Et d’en parler le plus tôt possible car c’est bien sûr à l’âge de l’enfance que l’on peut faire prendre conscience que des actes ou des mots ne sont jamais anodins. Et bien non, pour le gouvernement, on ne peut pas faire cela en primaire car ce serait laisser le lobby homosexuel prendre en otage les enfants. Je me suis déjà exprimé sur cela au Conseil de Paris, donc je n’en dirai pas plus.

Juste peut-être deux mots quand même… J’ai déjeuné il y a peu avec un inspecteur pédagogique qui a été très fier de m’annoncer qu’il avait donné un accord à la mutation d’un enseignant gay qui s’était fait agresser par ses élèves et leurs parents. Bien. Je peux comprendre le souhait de l’enseignant. Cependant, question pleine d’insouciance de ma part par la suite : « et qu’avez-vous mis en place pour en parler avec les enfants, pour leur dire que cela n’était pas bien ? » ben rien. Pourquoi donc ? « Ils ont déjà trop de travail et ne sont pas formés pour. » Bien. Et les intervenants extérieurs qui ont l’agrément du ministère ? Mouais bof groumpf… bon il y a encore du boulot…

Il y a encore du boulot, c’est ce qu’on peut aussi se dire suite au dernier kiss-in contre l’homophobie qui a eu lieu ce week-end à Paris. Un kiss-in ? un happening où des personnes de même sexe s’embrasse en un lieu public pour interpeller le public, créer un moment où l’on puisse faire passer un message contre l’homophobie et sortir de la clandestinité. Un peu violent comme pratique militante mais l’effet est assez surprenant car il permet de donner de la visibilité à une réalité et de transformer cet acte anodin pour le quidam (un baiser) en un acte politique concret.

Ce kiss-in était prévu sur le parvis de la Cathédrale Notre Dame à Paris, avec déclaration en préfecture et tout et tout. Bon, un peu provoc. Ok. Mais là n’est pas le point. The point is que le Préfet a eu vent d’une contre manifestation, illégale, celle-là, menée par des groupuscules d’extrême-droite, intégristes catholiques, homophobes notoires, violents et menaçants de surcroît. Et bien, au lieu de sécuriser la manifestation légale, le Préfet a décalé la manifestation vers la Place St Michel. Ca veut dire quoi, ça ? tout simplement que les pouvoirs publics préfèrent voir une manifestation de groupuscules défendant des valeurs contraires à celles véhiculées par la République plutôt que de sécuriser une manifestation pacifique vouée à lutter contre quelque chose que même la loi interdit, à savoir les actes et propos homophobes…

Et si la Mairie du 3eme arrondissement accueillait le prochain kiss-in ainsi qu’une diffusion du « Baiser de la Lune » ? Chiche ?

Vidéo sur le site de Têtu montrant la manifestation que le Préfet a préféré voir.


Et si on pouvait dire aussi a Word d’arrêter de souligner le mot homophobie à chaque fois que je le tape comme s’il n’existait pas…

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci!
l'homophobie , comme l'antismetisme aurait disparu selon les detracteurs du charmant baiser de la lune et du legerement provoc kiss-in...si seulement ils avaient raison..en attendont..luttons, diffusons..ce n'est pas parcque les homos ne vont plus en prison ( en france) qu'il n'y a plus d'homophobie...