06 novembre 2012

Pour la République des solidarités, ouvrir le mariage et l’adoption à tous les couples.


Quand je célèbre un mariage, je suis toujours pris par un double sentiment.

Tout d’abord, un trouble car je parle d’autorité parentale qui appartient aux père et mère… Dès fois, je dis cela à des couples qui n’ont plus l’âge d’aspirer à avoir des enfants (un peu comme une plaisanterie), des fois je le dis à des gens qui en ont déjà d’autres unions (j’ai un peu du coup l’impression de convier les anciens conjoints) et assez souvent je rappelle cela à des futurs mariés déjà parents (au cas où ils ne l’auraient pas déjà remarqués…)
 
Et enfin, un sentiment de satisfaction qu’il y ait encore des gens qui ont assez confiance en la République pour venir proclamer en la maison commune le fait de créer un foyer, de le baigner de solidarité, de dire à qui veut l’entendre « c’est l’un avec l’autre et ce que vous lui ferez, vous me le ferez à moi également».

Mon expérience d’élu, officier de l’état civil, fait que j’ai déconnecté l’enjeu du mariage de la procréation (ou de sa possibilité de) pour lui préférer uniquement celui de la solidarité et de la réciprocité. Je parle bien sûr du mariage civil. Je respecte infiniment celles et ceux qui croient mais ce n’est pas mon cas. Et peu importe nos croyances, chacun peut créer des solidarités, chacun a intérêt à les faire reconnaître et protéger, chacun peut s’obliger envers l’autre. C’est choisir ses liens, des nouveaux liens, des liens uniques en dehors de la famille déjà existante. C’est cela le mariage laïc, le mariage civil : la création de solidarité, sans demander la nature et la couleur du ciel de chacun. Et seule la République peut permettre cela.

C’est cette solidarité ne demandant qu’à être reconnue qui permet de créer de la stabilité, de la sécurité, de la longévité, dans un foyer (et l’amour un peu quand même). Ce n’est pas qu’avec un post, un paragraphe qu’on pourra mettre fin à une polémique difficile sur l’homoparentalité. J’avoue ne pas avoir de réponses toutes faites sur les soit disant référents paternels/maternels, masculins/féminins, hommes/femmes pour contrer les opposants à l’homoparentalité. Je pense juste qu’un enfant est heureux quand les situations parentales autour de lui sont claires et apaisées. Un enfant n’est pas heureux entre des cris, des jalousies, des frustrations. Alors quand un couple s’aime, que cette solidarité est protégée, que chacun est dans le partage, que ce soit deux hommes, deux femmes, qu’il y ait un tiers, fruit du passé d’un-e des deux, avec une place bien définie, que les relations et les liens sont clairs, je crois qu’un enfant pourra y trouver tout le bonheur et l’amour qui lui faut pour évoluer dans le monde extérieur et en tirer le pire et le meilleur, comme tout un chacun.

Ne cherchons pas à vouloir faire du mariage républicain un pendant civil du mariage religieux. Il est appelé à devenir beaucoup plus en magnifiant la solidarité entre individus, peu importe leur sexe. Ne cédons pas non plus aux schémas tout faits prouvant le bonheur ultime et l’équilibre absolu de l’enfant à travers des concepts éthérés (un papa, une maman et c’est tout). La seule chose qui vaille pour un enfant est une stabilité, un amour et une clarté familiale (qu’elle soit hétéro, mono, pluri ou homo) sur laquelle il pourra se construire sereinement.

C’est pour cela que je défends le mariage et l’adoption pour tous les couples. Parce que j’ai confiance en la République des solidarités et que je crois que sur ce concept, on peut faire de grandes choses, et en particulier le bonheur des enfants.

1 commentaire:

guillaume michel a dit…

Bravo Gauthier ! Voici un magnifique résumé d'une vision citoyenne et démocratique qui va au-delà de certaines valeurs ancestrales et pseudo-psycholosociologiques.
Un enfant a en effet besoin de stabilité et d'amour que ses parents soient hétéro / homo / bi. N'importe quel pédopsychiatre cherchera avant tout le bien-être de l'enfant quelle que soit la forme parentale de ce bien-être.